Pica

Description

 

On appelle pica l’ingestion d’objets non comestibles, incluant l’ingestion de selles (coprophagie). Tandis que le pica est un comportement anormal, la coprophagie ne l’est pas nécessairement. 

En effet, la coprophagie est considérée normale dans certaines circonstances. Par exemple, les femelles ingèrent fréquemment les selles de leurs bébés quand elles leur lèchent les parties génitales pour stimuler l’élimination de leurs excréments. De plus, il s’agit d’un comportement normal d’exploration des chatons.
Les selles des herbivores sont aussi appétissantes pour les chiens parce qu’elles contiennent de la matière végétale partiellement digérée. Parce que les selles sont appétissantes, lorsqu’un chat les ingère, il s’auto-récompense ce qui renforce le comportement.. Lorsque les chats défèquent dans la maison pour quelconque raison, ils peuvent apprendre à manger leurs selles afin d’éviter de se faire punir. Ils peuvent aussi manger leurs selles pour faire le «ménage de leur nid» ou pour attirer l’attention. Il peut aussi s’agir d’une réponse à de l’anxiété ou d’un désordre compulsif. 

Un chat peut développer du pica pour empêcher le propriétaire de récupérer un objet qu’il aurait volé. Le pica peut aussi apparaître lorsque de l’anxiété fait en sorte que l’animal va détruire un objet puis le consommer par la suite.

Les causes

Parmi les causes médicales, on retrouve de l’anémie (diminution du nombre de globules rouges dans le sang), de la malnutrition menant à une augmentation de la faim, des maladies hormonales telles que de l’hyperthyroïdisme (augmentation de production d’hormones thyroïdiennes) chez les chats, du diabète et de l’hyperadrénocorticisme (augmentation de la production de cortisone par les glandes surrénales), des conditions entraînant la mauvaise digestion et absorption des nutriments comme lors d’insuffisance du pancréas exocrine (diminution de production d’enzymes digestives par le pancréas), une maladie inflammatoire de l’intestin, une sur-croissance bactérienne intestinale, des parasites intestinaux, un shunt portosystémique (condition où les nutriments absorbés par l’intestin se retrouvent directement dans la circulation sanguine générale sans avoir passé par le foie) ainsi qu’une maladie du système nerveux central. 
Certains médicaments peuvent également augmenter l’appétit et faire en sorte que l’animal se mette à manger n’importe quoi.

Les facteurs de risque

Il existe des facteurs de risque pouvant mener au développement de pica. Par exemple, les chats confinés dans des cours arides sans stimulation environnementale sont particulièrement prédisposés à la coprophagie. 

Les chats de race orientale qui ont été sevrés tôt et alimentés avec de la nourriture faible en fibres sans accès à du gazon ou à des proies sont les plus à risque de manger de la laine. Finalement, n’importe quelle maladie causant de l’anémie ainsi que de la mal-digestion/malabsorption constitue un risque.

Le diagnostic

Le diagnostic est basé sur l’histoire présentée par le propriétaire. Afin de distinguer une cause comportementale d’une cause médicale, on devra aussi procéder à une évaluation complète de l’animal en commençant par recueillir des informations concernant sa diète et son appétit ainsi que l’environnement dans lequel il vit. Par la suite, on effectuera un examen physique complet dans le but d’identifier des maladies sous-jacentes. Au moment de la présentation, l’animal pourrait présenter des signes digestifs tels que des vomissements et/ou de la diarrhée, particulièrement lors d’une obstruction par un corps étranger ou d’une parasitose intestinale. 
À l’examen, on peut aussi détecter de la mauvaise haleine si ce sont des selles que l’animal ingère, des traumatismes dentaires si le chien croque des objets durs tels que des roches, de la pâleur et de la faiblesse lorsqu’il souffre d’anémie, de la maigreur lors de problèmes de mal-digestion/malabsorption ou encore des signes neurologiques lorsqu’une maladie neurologique est responsable du comportement.

Tests Laboratoire

Des tests de laboratoire complémentaires pourraient mettre en évidence, entre autres, de l’anémie ou une diminution du niveau de protéines sanguines dans le cas de mal-digestion/malabsorption. 

Une augmentation du nombre d’éosinophiles (un type de cellule inflammatoire) est souvent observée lors de parasitose ou de maladie inflammatoire intestinale. 

Les résultats des tests peuvent parfois suggérer aussi d’autres maladies comme le diabète, l’hyperthyroïdisme, l’hyperadrénocorticisme ou une augmentation de l’appétit induite par des drogues. 

Des analyses de selles ou un essai thérapeutique avec un vermifuge servent à évaluer la présence de parasites intestinaux. 

L’imagerie médicale peut aider à identifier un corps étranger dans le tube digestif ou une dilatation de l’œsophage. Des biopsies intestinales peuvent s’avérer nécessaires afin d’identifier une infiltration cellulaire dans le tube digestif.

Traitement

Le traitement de la condition varie selon que la cause est d’origine comportementale ou médicale. Dans ce cas, il faut traiter la maladie sous-jacente, arrêter toute médication pouvant augmenter l’appétit de l’animal s’il y a lieu et corriger les déficiences nutritionnelles. Lorsque la cause est comportementale alors il faut d’abord lui limiter l’accès aux articles non-comestibles afin d’en prévenir l’ingestion. Ensuite, on tentera de lui trouver un substitut sécuritaire à manger et finalement, on visera à changer sa motivation à ingérer des objets non-comestibles. Plus précisément, lorsque l’animal fait du pica parce qu’il recherche de l’attention, on peut lui mettre une muselière pour l’empêcher d’ingérer des objets tout en ignorant ses tentatives d’obtenir les items non-comestibles. 

Lorsque les chats croquent les tissus, on peut enlever les objets en plastique et les vêtements de laine de son environnement, appliquer une substance au goût amer sur les objets en question ou encore lui offrir de l’herbe à chat pour mastiquer.

Lors de coprophagie, on peut diminuer l’accès aux selles en les retirant le plus souvent possible ou en tenant le chien en laisse lors de promenades. On peut aussi utiliser une muselière ou un licou (attention lorsqu’il fait très chaud).

On peut lui offrir une gâterie à manger lorsqu’il défèque. De cette façon, on le conditionnera à s’attendre à de la nourriture plutôt que de chercher des selles après avoir déféqué. 

On peut aussi augmenter le niveau d’activité de l’animal en élaborant un horaire d’interactions et d’exercices plus régulier et prévisible ce qui pourrait aider à diminuer son anxiété et par conséquent le pica et la coprophagie. Dans certains cas de coprophagie, de lui fournir de la nourriture plus digestible ou d’y ajouter des suppléments d’enzymes à base de plantes peut parfois aider. Lorsque le comportement est dû à un problème compulsif ou secondaire à de l’anxiété, de la médication psychoactive peut être indiquée. Lorsque toutes ces méthodes n’ont pas procuré de résultat satisfaisant, il peut s’avérer nécessaire de poursuivre l’investigation et/ou de prescrire d’autre médication. Il est primordial d’éviter toute forme de punition lorsque l’animal fait du pica ou de la coprophagie puisque cela pourrait augmenter son niveau d’anxiété et empirer le problème ou encore faire naître l’apparition d’autres problèmes de comportement.