Hémobartonellose féline

Définition

L’hémobartonellose féline est une infection parasitaire des globules rouges par les parasites Mycoplasma haemofelis ou Mycoplasma haemominutum, entraînant une destruction des globules rouges. Les parasites se fixent aux globules rouges, ce qui endommage la membrane cellulaire et raccourci la durée de vie de ceux-ci. De plus, le système immunitaire peut détruire directement les globules rouges endommagés ou les globules rouges sur lesquels sont fixés les parasites, ce qui contribue aussi au développement de l’anémie.

Il n’y a pas de prédisposition d’espèce, d’âge ou de sexe. Les facteurs de risques sont l’accès à l’extérieur et aux autres chats, l’exposition aux puces ou tiques, une infection à la leucémie féline sous-jacente et un état d’immunosuppression. Le parasite peut être transmis de la mère à ses chatons, par l’intermédiaire de puces, tiques et possiblement de moustiques, par des morsures entre chats ou encore lors d’une transfusion sanguine.

Signes cliniques

La maladie peut être aïgue, chronique ou subclinique (sans symptômes apparents). Les signes cliniques observés dépendent de la sévérité et de la vitesse de développement de l’anémie. Ainsi, on peut observer de la faiblesse, de l’anorexie, une perte de poids, de la fièvre, une augmentation de la fréquence respiratoire et de la fréquence cardiaque, et de la dépression mentale. Une augmentation du volume de la rate et des muqueuses ictériques peuvent être notés à l’examen physique. Dans les cas plus sévères, il peut y avoir une mortalité subite.

Diagnostiques differentiels

La maladie doit être différenciée d’une anémie hémolytique à médiation immunitaire primaire, d’une anémie à corps de Heinz, d’hémorragie interne ou externe et d’une infection par la leucémie féline. Un frottis sanguin peut permettre la visualisation des organismes dans moins de 50% des cas. L’hématologie complète démontrera des changements non spécifiques mais compatibles avec l’hémobartonellose, tels qu’une anémie regénérative et une augmentation des globules blancs. Les paramètres biochimiques sont habituellement normaux, quoiqu’une augmentation des enzymes hépatiques et de la bilirubine pourraient être observés. L’imagerie médicale peut révéler une augmentation du volume de la rate mais elle est surtout utilisée pour identifier des facteurs prédisposant ou des complications. Le test de dépistage de la leucémie et du sida est aussi indiqué afin d’exclure la possibilité d’infection concomitante. 

Traitement

Le traitement consiste en l’administration d’antibiotiques sur une période de 2 à 4 semaines, dépendant de la réponse au traitement. Un traitement avec des doses immunosuppressives de cortisone peut être utilisé quelques jours afin de diminuer la destruction des globules rouges par le système immunitaire. Un traitement de support peut aussi être nécessaire, tel qu’une fluidothérapie, un support nutritionnel pour les animaux anorexiques et/ou une transfusion sanguine au besoin. Il est possible que l’animal reste porteur du parasite malgré le traitement avec antibiotiques. L’état de porteur est d’une durée indéterminée. Dans ces cas, les récidives sont possibles lors de situation de stress, lors de maladies ou d’immunosuppression.

Prévention

En guise de prévention, il est recommandé de confiner le chat à l’intérieur, de le stériliser (diminue le risque d’agression inter-chat) et contrôler les parasites (puces et tiques) chez les chats qui sortent à l’extérieur.