Anémie Hémolytique à médiation immunitaire

L’anémie hémolytique à médiation immunitaire (AHMI) résulte d’une destruction accrue des globules rouges. C’est une maladie assez commune chez le chien : les deux sexes peuvent en être atteint et on peut l’observer chez les animaux de 1 à 13 ans. Les races les plus souvent représentées sont l’épagneuil cocker, l’english springer spaniel, le caniche miniature, le setter irlandais, le colley, le schnauzer nain, le dobermain pinscher, le bichon frisé, le berger anglais et le Finnish spitz. La maladie est plus rarement observée chez le chat, les jeunes étant plus souvent atteints, sans prédisposition de race.

L’AHMI peut survenir sans qu’aucune cause sous-jacente ne soit identifiée (75% des cas chez le chien et très rarement chez le chat). Elle peut aussi survenir lors d’une maladie sous-jacente, le cancer étant la cause la plus commune chez le chien. Chez le chat, le virus de la leucémie féline, le lymphome (cancer), et les parasites qui envahissent les globules rouges (hémobartonellose) sont des causes possibles. Finalement, la maladie peut se manifester en réaction à des médicaments, toxines, transfusion sanguine ou piqûre d’abeille. 

La destruction des globules rouges peut se produire au niveau de la rate, du foie et aussi directement dans la circulation sanguine. La conséquence clinique de l’anémie est une diminution du transport de l’oxygène vers les organes vitaux et tous les autres tissus. Si non traitée, l’animal mourra éventuellement des suites de l’anémie (manque d’oxygénation) ou de thromboembolies, qui sont une complication possible de la maladie.

Les signes cliniques observés lors de la maladie sont de la faiblesse, une baisse d’appétit ou anorexie, des vomissement, de l’ictère (coloration jaune des muqueuses) et de l’urine foncée. Plus rarement, on peut voir de la dyspnée, un collapse cardiovasculaire ou des symptômes neurologiques. Lors de l’examen physique, on pourra déceler en plus des muqueuses pâles, une augmentation de la fréquence cardiaque et respiratoire, un souffle cardiaque, une augmentation du volume de la rate et du foie.

L’AHMI doit être différenciée des autre causes d’anémie (perte de sang, hémorragie abdominale, troubles de coagulation, anomalie de moelle osseuse, maladie chronique), des anémies hémolytiques non immunitaire (ex. parasitisme, anémie à corps de Heinz secondaire à l’ingestion d’onions) et des autres causes d’ictère (maladies hépatiques, obstruction biliaire, pancréatite). Le diagnostiques se fera donc à l’aide de plusieurs tests comme l’évaluation des cellules sanguines (hématologie), la biochimie, l’analyse d’urine, les profils de coagulation, le test d’autoagglutination et le test de Coombs. L’imagerie médicale (radiographie, échographie) sera utilisée pour évaluer la possibilité de cancer. Des tests plus spécifiques tels que dépistage de parasites et virus (leucémie, sida chez le chat) seront indiqués au besoin.

Le traitement consiste principalement en une thérapie immunosuppressive afin d’arrêter la destruction de globule rouges. Des anticoagulants pourraient aussi administrés étant donné le risque accru de thromboembolies. Une fluidothérapie peut être nécessaire afin de maintenir une bonne perfusion sanguine. Des protecteurs de muqueuse gastrique devraient être administrés pour prévenir les irritations gastrointestinales secondaires au traitement immunosuppresseur. Une transfusion de concentré de globule rouge ou d’oxyhémoglobine peut s’avérer nécessaire si il y a détresse respiratoire ou cardiovasculaire. Des antibiotiques ainsi qu’une thérapie dirigée contre un cancer sous-jacent peuvent être indiqués selon le cas. 

Même si traité, le taux de mortalité chez les chiens atteints de cette maladie est estimé à 40-60%. On peut tenter de sevrer très graduellement l’animal de la thérapie immunosuppressive sur une période de quelques mois si tout va bien, mais une grande proportion des chiens atteints vont rechuter dans l’année suivant l’arrêt du traitement. Ceux-ci auront donc besoin d’un traitement à long terme.